8 juil. 2016

« Orchestre Debout » avril mai place de la République








« Orchestre Debout » Session 3 dimanche #76 mars. J’ai levé, avec des centaines d’autres instrumentistes, mon saxo haut dans le ciel en guise de salut. Un peu comme lever le poing avec un saxo dans la main. C’était si fort que je ne sais plus quoi écrire. J’étais ému. Quand je crèverai, je me souviendrai avoir joué dans un orchestre symphonique : « l’Orchestre Debout ». Concert l’après-midi. Cette sensation était formidable : jouer le « Boléro » de Ravel à 350 musiciens et choristes (pour le « Choeurs des Esclaves » de Verdi et « Bella Ciao » arrangé par un type de l’orchestre). Sensation enthousiasmante. Puissance tranquille. Beauté de la chose collective. Chacun amène sa sonorité, chacun joue sa partie écrite 75 ans auparavant par le compositeur. Rien ne manque tout est indispensable de l’extrême grave à l’extrême aigu. Deux thèmes de 18 mesures se répètent et s’enchevêtrent pendant plus d’un quart d’heure, soutenus par une boucle de caisse-claire obsédante. La musique symphonique est le contraire de l’individualisme forcené des improvisateurs. Jouer le « Boléro » est un vieux rêve que je me croyais incapable de réaliser. Ce fut possible grâce à l’amour de la musique des artistes de « l’Orchestre Debout ». La partition de Ravel comprend une partie pour saxo ténor, une pour saxo soprano et même une pour saxo sopranino, instrument rarissime. (Le choix des oeuvres fut voté par internet sur une page de sondage, de fait il ouvrait l’orchestre aux anches). Une quarantaine de saxophonistes sont venus. Le « Boléro » est assez périlleux à interpréter. Dès le début de l’oeuvre, les notes de la phrase sont dans la tessiture de l’extrême aigu de l’instrument. J’avais travaillé dur pendant quatre jour pour apprendre correctement ma partie... (Photos Hervé Rey)