12 juil. 2016

Mai, Mai, Paris










Coup superbe de la répression à visage sympa. Pas un flic à l’horizon. « l’Orchestre Debout » acoustique contre une armada de « canons » sonos balançant des rythmes exotiques à fond la
caisse. Nous avons joué le premier mouvement de la cinquième de Beethoven. Les quatre coups du « Destin Debout » sonnaient quelque part entre le « Ludwig Van » de Mauricio Kagel et les orchestres
hollywoodiens des années cinquante. Pur théâtre musical. Lecteur, si tu connais l’oeuvre de John Cage, tu me comprendras plus facilement. Ensuite le choeur « des Bohémiens » de Verdi puis
exotique contre exotique deux arrangements ultra efficaces écrits par des musiciens « Debout ». On vote par Internet un choix de morceaux puis un volontaire « Debout » écrit en moins d’une semaine
l’arrangement pour une trentaine de parties d’instruments différentes. Orchestration pour l’ensemble des cordes (Pierre ou la présidente démocratiquement élue), les clarinettes (les chats), les flutes (les oiseaux) les hautbois (les canards), les bassons (le peuple en lutte), les cors et saxophones altos (le méchant loup dictateur), les grosses caisses et timbales (les chasseurs de flics). Il faut assurer pour écrire un arrangement de cette taille (comme on dit dans le jargon des musiciens). Tour de force discret mais réel. L’ultra symbolique « Mai, Mai, Paris » de Claude Nougaro et une
chanson contre la dictature des militaires brésiliens du siècle passé : « Apesar de Voce » de Chico Buarque. Cette expérience aura été fantastique. J’ai beaucoup appris et travaillé d’arrache pied la
semaine avant pour être à la hauteur de l’événement. Au moins la moitié des musiciens présents sont de très bons lecteurs de musique. Devant moi un jeune saxo alto déchiffrait et transposait à vue une partie de hautbois en double croche. L’autre moitié est composée de gens comme moi, un peu laborieux mais plein de bonne volonté. Sans « l’Orchestre Debout » je n’aurai jamais joué de ma vie avec un orchestre symphonique. C’est une chance inouïe et je remercie tout le monde. Je suis sourd d’une oreille. J’ai des acouphènes invalidants et même une tendance au glissement d’un demi-ton vers le bas de mon image mentale des notes. Avec cette maladie de l’oreille je n’ai pas vraiment le profil du musicien d’orchestre. (Photos Elsa Broclawski, Bibi et X)
Puis le 3 juillet concert sous la pluie. J'avais écrit avec Grégoire Letouvet l'arrangement de La Marseillaise avec les paroles de l'internationale.
https://youtu.be/386wAuOPHe8?list=LLU74El3PfOSq9onJSzer0sA