16 août 2015

Frankie Biberkopf goes to Berlinwood



Etienne Brunet : Clarinette basse et Pure Data. Choisir une collection de 128 icônes (128 photos, deux fois le chiffre du Yi King) qui seront tirées au sort par le pseudo-hasard machine tout au long du déroulement de la time-line. Cette collection d'images renvoie aux préoccupations de l'interprète et peuvent, par exemple dans la cadre d'une galerie, se référer au matériel visuel de l'exposition en cours. Dans la vidéo jointe, il s'agit de mon univers : porno paranoïa, big selfies, souvenirs du bon vieux temps, Die Meistersinger von Berlin, optimisme tempéré, média fluxus, techno lettriste, grandes œuvres et trucs trouvés à droite à gauche. L'interprète doit choisir une tonique avec une série de notes penta, dia ou chroma-tonique de 16 notes distribuées en intervalles sur trois octaves minimum.

La partition aléatoire, métaphore du texte papier, comprends 32 plots temporels en abscisse (commandés par une horloge en millisecondes) et 16 lignes en ordonnées (correspondant à une note sinusoïde, bruit blanc et une fonctionnalité de déclenchement d'une image tirée au sort). La time-line 32x16 de Pure data est modifiable à la volée. L'interprète peut choisir l'intensité du flux de sinusoïdes et de visuels pour orienter son jeu vers mini ou maxi-malisme. Vers le milieu de l'oeuvre l’interprète déclenche un drone composé des 6 premiers harmoniques naturels de la tonique choisie.

L'interprète joue une note de la série sur chaque ictus d’événement indiqué par la time-line. Principe du neume techno-médiéval. La course du curseur signale les événements à jouer. L'interprète rajoute des appogiatures et ornements et choisit sa durée.  « Frankie Biberkopf goes to Berlinwood » est une sorte de musique improvisée d'un nouveau genre. Chagrin contemporain.

L'image devient un substrat du discours musical comme un paquet de sinusoïdes, ondes carrées, ondes triangles et arsenal de bruit blanc ou rose. L'image devient intervalle musical à haute fréquence. L'image est déstructurée par le fait qu'elle est montrée seulement quelques millisecondes pour résonner de manière fantomatique dans l'esprit de l'auditeur spectateur. Vision quasi subliminale. L'image devient comme du sucre fondant dans le sang. Un excès d'image change la glycémie du voyeur.

Ce projet avec Pure Data est une œuvre caméléon. Le titre doit changer avec chaque « skin », chaque série de photos, à chaque présentation. Sa première création au « Headphone Festival Le Placard » et à Maindoeuvre il y a deux ans était « New Zen 4 TV ». Son inspiration se réfère à l'oeuvre de Naim June Paik. J'ai été aidé pour réaliser la programmation du patch Pure Data par Joseph Jaouen, Cédric Buron, Jean-Marie Boyer et Pascale Gustin. C'était mon projet de fin de cours du soir Pure Data.

http://www.etiennebru.net/