19 févr. 2014

Ill Chemistry à Campus

J’ai joué avec le duo de Hip Hop Ill Chemistry, basé à Minneapolis (USA). C'était une jam festive organisée par Jean Rochard (de la maison de disques Nato). C’était lundi soir aux Studios Campus derrière la Bastille à Paris. Le duo : une femme > Desdamona et un homme > Carnage the Executioner. Ils sont bluffant, belle voix et poésie HIP de Desdamona et Beat Box (rythmique imitant la batterie faite avec la voix) musique HOP par Carnage. Les musiciens américains ne courent pas après les machines dernier cri comme en France. Quand ils ont des machines robustes et efficaces pour la scène ils continuent à les utiliser dix après leur sortie. Carnage sample sa voix en direct à la volée (d'une mélodie aigu à une rythmique de basse, il est sidérant), il utilise pour ce faire l’indémodable boucleur « Boss RC 30 Loop Station » et pleins d’autres machines dites pédales pour guitare dédiées au Live.

De l’avis général c’était un super concert, alchimie merveilleuse entre les différents musiciens qui pour la plupart ne se connaissaient pas une heure avant. J’ai joué du saxo soprano en utilisant à la fois ma connaissance des techniques du sample dans le Hip Hop et l'expérience d’avoir joué dans des orchestres d’Afrique de l’Ouest, c’est à dire jouer très rythmique et surtout jouer des phrases très courtes entrecoupées de long silence pour s’intégrer à leur musique. C'était très fort dans la notion d'improvisation. Une sorte de non-chorus inverse de la technique du jazz mais avec son esprit. Changer de climax très rapidement comme le passage d'un sample à un autre. Je m'étais accordé un peu plus haut dans l'aigu pour rester juste dans la tessiture ou il n'y avait aucun instrument, même le violon jouait plus dans le médium. Tous les musiciens ont joué super.

voici le compte rendu de http://nato-glob.blogspot.fr :

On ne se réfugie pas hors du monde des temps difficiles, on échafaude le temps impromptu, le refus du temps mort. Esprits et portes ouvertes donc,  Ill Chemistry invita d'abord D' de Kabal, rencontré quelques jours plus tôt à Argenteuil. S'autoriser la voix grave est un signal de libération, de dissidence substantive. Puis vinrent Dominique Pifarély (violon), Jean-Louis Pommier (trombone), Etienne Gaillochet (batterie), Etienne Brunet (saxophone soprano) et Jean-François Pauvros (guitare). Le temps demeure : espérances et tensions inquiètes des temps modernes, arcanes animées de pouvoirs prodigieux, de fragilité préservée quand rien n'arrête le fleuve, de tournures périlleuses, de poésie, armée, désarmée, de fortes carrures, d'alliances nourries, jusqu'à un "Miss America" à la résonance étincelante pour qui souhaite voir, pour qui souhaite vivre. Il y avait des enfants dans la salle, tous beaux.

Merci à Igor Juget pour ses belles photos