12 sept. 2012

September in Paris






















Je joue sur les quais de la Seine, près du pont d'Austerlitz. Il fait chaud, c'est les derniers beaux jours. "September in Paris" c'est une improvisation à base d'un collage de "Black Coffee", "Little Boat", "Soul Eyes" (de Mal Waldron), "What's New", "Blue Seven" (de Sonny Rollins), "Watermelon Man" (de Herbie Hancock), "Manteca" (de Dizzy Gillepsie), "Four" (de Miles Davis), "Laura" (la fameuse musique du film), "The Girl from Ipanema", "Wave", "Meditation" (de Carlos Jobim), "Broadway Blues" de Ornette Coleman, "Choo Choo 'ch Boogie" de Louis Jordan et "A Flower is a Lovesome Thing" de Billy Strayhorn. Quand le métro passe je change de registre et j'imite les sons de la ville dans une perspective "technique étendue" comme disent des auto spécialistes en tout. Les gens marchent sur la rue au dessus du quai, en général ils sortent de la Gare d'Austerlitz pour rejoindre la Gare de Lyon. Souvent des gens se baladent avec leur bagages, ils sont entre deux trains et ils s'arrêtent un quart d'heure pour écouter. Quelques uns ou unes me font un petit signe sympa. Dans la rue il faut jouer une musique "soft" pour ne pas faire fuir les gens. Je ne fais pas la manche, c'est difficile de jouer dans la rue sans faire la manche, les gens veulent toujours me glisser une petite pièce. Un aviateur belge de l'armée de l'air m'a offert une bouteille de bonne bière belge qu'il conservait précieusement dans son sac pour des amis. Il s'était assis à coté de moi pendant au moins une demi heure. Il a vraiment aimé. Quand je joue dans la rue, je pense toujours un peu à Lol Coxill qui jouait dans les rues de Londres, je me demande ce qu'est vraiment le jazz, la free music ou quelque style que ce soit. Si je joue avec du coeur les gens aiment et se foutent de l'étiquette musicale. Ils entendent du saxo (certains entendent même de la clarinette ou de la trompette ou je ne sais quoi mais peu importe).